Kafka aurait pu écrire la situation suivante.
Une maison de production et d’édition de films pornographiques menace, aux Etats-Unis, de rendre public le nom des personnes ayant téléchargé certaines de ses vidéos via BitTorrent. Une situation que le tribunal appuie, expliquant que même si les accusés veulent garder leur anonymat, ils doivent dévoiler leur identité pour qu’elle soit inscrite dans le registre public.
En effet, comme d’autres entreprises dans le domaine de la musique ou des films, la société Hard Drive Productions a mis la main sur les adresses IP d’internautes soupçonnés d’avoir déchargé, via le protocole BitTorrent, leurs films. La société, spécialisée dans les films X, a ensuite fait les démarches auprès des autorités compétentes pour obtenir les noms associés à ces IP, en vue de contacter ces personnes (1495 en tout) pour les pousser à payer, avant de les traduire en justice en cas de refus.
Comme l’explique le magazine Clubic, la menace sous-jacente est évidente : en cas de refus de régler le litige à l’amiable, les noms des internautes accusés de piratage par Hard Drive Productions seraient automatiquement dévoilés lors d’une audience au tribunal – payer leur permettrait donc de garder leur anonymat. Une démarche qui était sans compter sur la décision d’un juge, des plus paradoxales : pour régler ce litige à l’amiable et ainsi préserver leur anonymat, les accusés doivent tout de même dévoiler leur identité pour que cette dernière soit inscrite dans le registre public… effaçant, de fait, tout espoir que leurs noms n’apparaissent nulle part.
Kafkaien ou quoi?!
Enfin, les projets de loi SOPA et PIPA ont aussi mis en lumière les problèmes de l’industrie pornographique. D’un côté, les producteurs de films XXX affirment que leurs revenus ont chuté de près de 50% depuis quatre ans en raison de la violation de leurs droits d’auteur. De l’autre, des sites de «streaming» et de téléchargement illégaux font des fortunes en diffusant les «oeuvres» de compagnies telles Hustler ou Vivid.
Afin de faire protéger leurs droits, les producteurs de films XXX ont approché la Motion Picture Association of America, qui tentait de faire adopter SOPA par le Congrès. La MPAA a refusé de s’associer à ces alliés embarrassants. ..
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